Site paroissial
Sommes-nous vraiment capables de faire ce que Jésus nous demande de faire ? Il est possible d’en douter. Voici un roi qui prend l'initiative de remettre, sans condition, une dette énorme à son serviteur insolvable qui le suppliait. À cause de cette remise de dette dont il a bénéficié, le roi attend de lui qu’il fasse preuve de la même générosité envers son compagnon de service. Cela veut dire que le roi demande à ses serviteurs de pardonner à l’infini, avant même que leurs débiteurs regrettent leurs fautes et demandent pardon. Donc, pour Jésus, nous devons être capables de pardonner indéfiniment et sans condition. Quelle exigence ! Pourtant, cet évangile demeure une bonne nouvelle. Essayons de voir comment.
Le pardon vient d’abord du roi, c’est-à-dire de Dieu. Le roi est saisi de compassion. Et, dans sa miséricorde, il remet la dette à son serviteur. Mais le roi met ce serviteur en prison parce qu’il n’a pas su pardonner à son tour, c’est-à-dire que le serviteur perd le pardon qu’il a reçu s’il ne le transmet pas à son tour. Voilà un trait qui met en lumière un aspect des dons que nous recevons de Dieu. L’amour de Dieu est premier. Ses dons sont gratuits. Mais ceux-ci portent du fruit en nous à mesure que nous les partageons. Il en va du pardon comme de toutes les grâces reçues. Notre humanité s’accomplit dans le partage de ce que nous avons reçu avec nos frères et sœurs.
Et des talents, nous en avons ! C’est 60 millions de pièces d’argent que le roi remet à son serviteur quand il lui demande d’en remettre 100 seulement à son compagnon. Mais ces 100-là auraient suffi à faire fructifier les 60 millions. N’ayons pas peur de donner, de nous donner, même un tout petit peu. C’est alors que nous découvrirons la richesse de ce que nous avons reçu. Plus nous aimons, plus l’amour de Dieu en nous devient manifeste.
Une autre bonne nouvelle nous est révélée par cette parole du roi : « Ne devais-tu pas, à ton tour, avoir pitié de ton compagnon, comme moi-même j’avais eu pitié de toi ? » Pour le roi, le serviteur et son compagnon sont également dignes de recevoir le pardon. Le roi est saisi de la même miséricorde envers l’un comme envers l’autre. Dieu ne fait pas de distinction parmi ses enfants. Et s’il nous demande de nous aimer et de nous pardonner les uns les autres, c’est parce que lui le fait sans mesure envers tous. C’est ainsi que pour pardonner, nous ne sommes pas seuls. C’est Dieu qui pardonne le premier et nous qui, avec son aide, offrons ce que nous avons nous-mêmes reçu.
Alors sommes-nous capables de pardonner comme Jésus nous le demande ? Sans lui, non. Mais avec lui, oui, car c’est de son Royaume qu’il s’agit. Et son Royaume est venu jusqu’à nous.